Comment bien choisir son contrat prévoyance ?
Base forfaitaire ou indemnitaire ?
Le sujet fait débat. Un contrat sur base indemnitaire vous indemnise en fonction de vos revenus réels, appréciés en général d’après les documents fiscaux de l’année N-1, sans jamais les dépasser. Cette base peut donc vous pénaliser lorsque vos revenus varient fortement d’une année à l’autre, surtout à la baisse.
Exemple : Vous dégagez un BNC-BIC de 7 000 € par mois et, par prudence, vous avez assuré 100% de vos gains avec un contrat de prévoyance à base indemnitaire.
L’année suivante, votre rémunération tombe à 4 500 €. La troisième année, votre activité vous rapporte de nouveau au moins 7 000 € de revenus, et vous êtes alors arrêté plusieurs semaines.
L’assureur peut exiger un justificatif de l’année précédente (compte de résultats ou avis d’imposition) et décider de vous indemniser sur une base de 4 500 €, alors que votre prime correspond à une garantie de 7 000 €.
Lorsque les sinistres se répètent (rechutes notamment), les revenus du pharmacien ou du biologiste peuvent varier d’une année sur l’autre, et la base d’indemnisation retenue sur l’année N-1 s’en trouver réduite.
Le contrat sur base forfaitaire verse, lui, l’indemnité souscrite, c’est-à-dire celle pour laquelle l’assuré a cotisé.
Le contrat forfaitaire semble donc mieux adapté, mais quelques précisions s’imposent :
- Certains contrats indemnitaires sont dits « pondérés » : la première année d’installation de l’assuré, ils jouent sur une base forfaitaire (l’assuré ne pourrait en effet fournir aucun justificatif de revenus libéraux pour N-1).
- Face à des revenus fluctuants, lors de sinistres répétitifs notamment, l’assureur devrait réclamer des justificatifs portant sur plusieurs années (en règle générale 3 ans) et en faire la moyenne, ce qui atténue très fortement l’effet d’une baisse de revenus sur une seule année.
La majorité des contrats dits « forfaitaires » peuvent aussi limiter les prestations versées, leurs conditions générales précisant que l’indemnisation ne peut être source de gains. Par ailleurs, certains contrats de prévoyance plafonnent vite le montant des garanties souscriptibles (indemnités journalières) pour les professionnels de santé qui débutent en libéral. Cette restriction peut vous gêner si vous intégrez une structure importante (achat de parts avec rémunération de gérance) qui vous procure dès la première année des gains substantiels.
Notre cabinet travaille notamment avec un contrat dit « indemnitaire », en plus des contrats forfaitaires. Nous avons géré des dizaines de sinistres avec cette compagnie, exclusivement spécialisée en prévoyance médicale, y compris des cas délicats en tout début de carrière ou des sinistres à répétition. Tous nos assurés ont été indemnisés de façon juste et complète, sur la base des garanties souscrites.
L’essentiel est de disposer de garanties d’indemnités journalières parfaitement ajustées à la réalité comptable de son activité (2035/compte de résultats) ou à un prévisionnel, ce qui suppose en contrepartie le suivi de votre intermédiaire en prévoyance, surtout au début de l’activité libérale (fortes variations des charges sociales personnelles).
Par la suite, dans la majorité des cas, les données comptables des pharmaciens et des biologistes varient peu. Il ne faut pourtant pas ne revoir ses garanties que tous les dix ans !
