Un exemple répond mieux à cette question que de longs développements. La durée est déterminante, mais prenez garde aussi à ne pas sous-estimer votre effort d’épargne.
Au fil de la carrière, il devient peut-être plus facile d’accélérer votre effort d’épargne retraite, en augmentant vos cotisations ou en effectuant des versements complémentaires. En effet, nombre d’épargnants ouvrent symboliquement un support retraite par capitalisation, sans penser à le réévaluer par la suite, et ont l’impression d’avoir réglé leur problème de retraite… C’est une erreur !
Les contrats Retraite Madelin, grands frères du PER, affichaient en 201è un encours moyen de 42 600 € en phase de liquidation (capital constitué qui sera transformé en rente), ce qui sera très insuffisant dans la majorité des cas pour obtenir une retraite complémentaire convenable.

Dr Vidal, 30 ans, 1 enfant, pacsé
Résidence principale en propriété depuis 1 an
BNC : 100 000 €
Impôt sur le revenu : 7 000 € (taux marginal d’imposition de 30 %)
Il met en place une retraite PER de 400 € par mois, réversible à 100 % au profit de son conjoint (son épouse ne travaille pas)
Économie d’impôt sur le revenu réalisée chaque année : 1 440 € (30 % de 4 000 €)
Support retenu : la Retraite 20 de Générali. Répartition : 50 % sur le fonds en euros (hypothèse de rémunération de 2 %) et 50 % sur des unités de compte (3 supports actions, hypothèse de rémunération de 5 %). Les cotisations sont indexées de 2 % par an.
Avec ces hypothèses, le Dr Vidal disposerait à 65 ans d’une rente de 10 979 €, soit 915 € par mois brut de prélèvements sociaux (rente ensuite revalorisée chaque année : à 70 ans, elle atteindrait par exemple 14 050 €). De quoi accroître d’au moins un quart sa retraite CARMF. Il pourrait aussi choisir un capital de 420 276 € (somme avant impôt sur le revenu et sur les plus-values).
S’il décédait avant 65 ans, son épouse percevrait l’intégralité de la retraite prévue, les cotisations étant exonérées. S’il décède avant elle une fois à la retraite, elle continuerait à toucher la totalité de la rente. La réversion à 100 % est ici primordiale, car le conjoint n’a droit à aucune réversion au niveau de la CARMF. (Pacsés).
Si le Dr Vidal devenait invalide en cours de carrière et ne pouvait donc plus exercer sa profession médicale, il serait dispensé de verser ses cotisations jusqu’à ses 65 ans, puis percevrait sa retraite mensuelle sur la base de 915 € brut.
Sans valorisation des cotisations, soit 400 € par mois pendant 35 ans (indexées de fait sur le plafond de la sécurité sociale), et pour raisonner en euros constants, la rente du Dr Vidal reposerait sur une base de 8 270 €, soit 689 € par mois, ou sur un capital de 316 576 € avant impôt.
Si le Dr Vidal commence son épargne retraite PER à 40 ans, il devra, pour atteindre le même niveau de retraite (soit 915 € par mois avec une indexation des cotisations de 2 % par an), épargner 919 € par mois ; en démarrant à 45 ans, il lui faudra mettre de côté 1 088 € par mois… Le temps est donc un facteur déterminant.